L’essentiel en bref
- Le Mirage F1 est le Mirage sans delta : Dassault a misé sur une aile en flèche haute avec empennage horizontal pour obtenir des distances de décollage plus courtes et plus d’autonomie.
- Environ 726 appareils ont été construits entre 1966 et 1992, dont 246 pour la France, le reste pour dix clients export, de l’Espagne à l’Irak.
- La France a retiré le F1 le 13 juin 2014, le dernier à voler étant la version de reconnaissance F1CR à l’escadron 2/33 « Savoie ».
- Une seconde carrière civile : ATAC (Textron) a acheté 63 F1 ex-français, Draken International des appareils ex-espagnols et ex-jordaniens – ils volent comme adversaires d’entraînement pour l’armée américaine.
- Restent actifs, d’après les dernières données disponibles, des appareils au Maroc, en Iran et en petit nombre dans quelques pays africains.
Sommaire
- 1.Qu’est-ce que le Mirage F1 ?
- 2.Les principales versions
- 3.Comment reconnaître le Mirage F1
- 4.Mirage F1, Mirage 2000 ou Draken ?
- 5.Le Mirage F1 en France
- 6.Export : de Madrid à Bagdad
- 7.Seconde carrière : adversaires d’entraînement civils
- 8.Où voir le Mirage F1 en Europe
- 9.Conseils photo pour le Mirage F1
- 10.Confusions fréquentes et comment les écarter
- 11.Conclusion
Fiche d’identité
| Constructeur | Avions Marcel Dassault (aujourd’hui Dassault Aviation), France |
|---|---|
| Rôle | Intercepteur monoplace et avion de combat polyvalent ; variantes de reconnaissance, de chasseur-bombardier et d’entraîneur biplace |
| Code type OACI | MRF1 |
| Premier vol | 23 décembre 1966 (prototype F1-01, pilote René Bigand) |
| Mise en service | 1973 dans l’armée de l’Air française (escadron 2/30 « Normandie-Niémen », Reims) |
| Période de construction | 1966 à 1992 |
| Construit | environ 726 appareils (les sources divergent légèrement) |
| Équipage | 1 (F1B et F1D : 2) |
| Moteur | 1 × SNECMA Atar 9K-50, environ 49 kN à sec, environ 70,6 kN avec postcombustion |
| Longueur | environ 15,3 m |
| Envergure | 8,40 m |
| Hauteur | 4,50 m |
| Masse maximale au décollage | environ 16 200 kg |
| Vitesse maximale | environ Mach 2,2 à haute altitude |
| Armement | 2 × canon de 30 mm DEFA 553 (F1B sans canons, F1CR avec un seul), charges externes sur des points d’emport sous les ailes et le fuselage |
| France | 246 appareils ; retirés du service le 13 juin 2014 |
Signes distinctifs
As-tu vraiment ce type d’avion devant toi ?
- Aile en flèche et non delta : l’aile est classiquement en flèche et placée haut sur l’épaule du fuselage – inhabituel pour un Mirage
- Empennage horizontal normal à l’arrière : contrairement aux Mirage III, Mirage 2000 et Rafale, le F1 a un empennage horizontal séparé
- Entrées d’air semi-circulaires de chaque côté du fuselage avec un demi-cône intégré
- Une seule tuyère à l’extrémité du fuselage, surmontée d’une dérive unique et haute
- Nez effilé et pointu avec radar ; sur beaucoup de versions, une perche de ravitaillement fixe devant la verrière
- Biplace F1B : verrière plus longue avec deux sièges l’un derrière l’autre, silhouette par ailleurs très semblable
Mis à jour : octobre 2026 – Un Mirage sans aile delta ? C’est exactement ce qu’est le Dassault Mirage F1. Avec son aile en flèche haute et son empennage horizontal classique, il a un aspect très différent du Mirage III qui l’a précédé et du Mirage 2000 qui l’a suivi. Pendant plus de quatre décennies, il fut un pilier de l’armée de l’Air française, et il a aussi volé chez dix clients export entre Madrid, Bagdad et Quito. Depuis son retrait en France en 2014, il connaît une seconde carrière inhabituelle : d’anciens jets militaires volent chez des entreprises privées aux États-Unis comme adversaires d’entraînement. Ici, tu découvres à quoi tu reconnais le F1, quelles versions existent, qui le fait encore voler aujourd’hui et où tu le trouves au musée.
Le Mirage F1 dans ton hangar
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Qu’est-ce que le Mirage F1 ?
Le Mirage F1 est un avion de combat monoréacteur de la maison Dassault, qui s’appelle aujourd’hui Dassault Aviation. Il a été développé dans les années 1960 comme successeur du Mirage III pour la défense aérienne. Le prototype F1-01 a décollé le 23 décembre 1966 pour son premier vol, avec René Bigand aux commandes. Les essais ont commencé par un revers : le 18 mai 1967, lors d’un vol d’essai, l’empennage horizontal s’est détaché sous l’effet du flottement, le prototype s’est écrasé et Bigand a perdu la vie. L’armée de l’Air a malgré tout opté pour le type.
Les premiers appareils de série ont rejoint les unités en 1973. En décembre 1973, les premiers F1C se sont posés à l’escadron 2/30 « Normandie-Niémen » sur la base de Reims. Jusqu’en 1992, environ 726 appareils ont été construits, les chiffres de la littérature variant de quelques exemplaires. La France en a reçu 246, le reste est parti à l’export.
Le F1 est propulsé par un unique SNECMA Atar 9K-50 avec postcombustion. Le moteur délivre environ 49 kN à sec, bien 70 kN avec postcombustion. Le jet atteint ainsi environ Mach 2,2 à haute altitude. Dans le nez se trouve le radar Cyrano IV de Thomson-CSF, dans le fuselage deux canons de 30 mm de type DEFA 553.
Pourquoi Dassault a abandonné le delta
Le Mirage III, avec son aile delta sans queue, était rapide et élégant, mais il demandait de longues pistes et avait peu de place pour le carburant. Pour le F1, Dassault a donc choisi une aile en flèche haute avec des becs continus au bord d’attaque et des volets à double fente au bord de fuite. Selon le constructeur, la distance de décollage nécessaire a ainsi diminué de plus de moitié, le rayon d’action en mission a augmenté d’environ 40 %. Les becs améliorent en outre le comportement en combat tournoyant. L’empennage horizontal conventionnel ressemble à celui du Mirage F2, qui n’est pas passé en série.
Avec le Mirage 2000, Dassault est revenu plus tard au delta grâce à la commande de vol électronique. Le F1 est donc un cas à part dans la famille Mirage – et c’est précisément ce qui le rend si facile à identifier pour les spotteurs.
Les principales versions
Du modèle de base sont nées de nombreuses variantes, qui se distinguent surtout par l’électronique et la mission. Pour les spotteurs, celles-ci sont particulièrement pertinentes :
| Version | Rôle | Exploitants typiques | Reconnaissable à |
|---|---|---|---|
| F1C / F1C-200 | Intercepteur | France, Espagne, Grèce, Maroc, Jordanie, Koweït | Monoplace avec nez radar ; le C-200 avec perche de ravitaillement fixe et fuselage à peine plus long |
| F1B | Entraîneur biplace | France, divers clients export | Longue verrière, deux sièges, fuselage environ 30 cm plus long, pas de canons |
| F1CR | Reconnaissance tactique | France | Caméras dans le nez, un canon remplacé par un capteur infrarouge, souvent avec une nacelle de reconnaissance sous le fuselage |
| F1CT | Chasseur-bombardier | France | F1C-200 transformé avec télémètre laser et électronique du F1CR |
| F1A | Version d’attaque au sol pour l’export | Afrique du Sud (F1AZ), Libye (F1AD) | Nez plus simple avec télémètre au lieu du grand radar |
| F1E | Version polyvalente pour l’export | Irak (F1EQ), Espagne (F1EE), Maroc (F1EH), Jordanie (F1EJ), Équateur (F1JA), Qatar | Comme le F1C, avec navigation et options d’armement étendues |
| F1M | F1 espagnol modernisé | Espagne, plus tard Draken International | Nouveau cockpit, système de navigation et radar, livraison jusqu’en 2001 |
La version de reconnaissance F1CR a volé pour la première fois le 20 novembre 1981, 64 exemplaires sont allés à l’armée de l’Air française. Pour le F1CT, la France a transformé 55 F1C-200 en chasseurs-bombardiers, les transformations étaient terminées au milieu des années 1990. Les biplaces F1B ont rejoint les unités entre 1980 et 1983 ; avec le siège supplémentaire, ils ont perdu une partie du carburant et les canons intégrés.
Le F1M53, avec le moteur M53 plus puissant, est resté une curiosité : Dassault l’a proposé dans les années 1970 à plusieurs pays de l’OTAN, mais dans la compétition pour le remplacement du Starfighter en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège, il s’est classé derrière le F-16.
Comment reconnaître le Mirage F1
Quand on entend « Mirage », on pense à des ailes triangulaires. Le F1 ne rentre pas dans cette image, et c’est justement ce qui te permet de le reconnaître le plus vite.
Vérifier l’aile et l’empennage
Une aile en flèche haute sur le fuselage plus un empennage horizontal séparé à l’arrière – aucun autre Mirage n’a cette combinaison. Les Mirage III, Mirage 2000 et Rafale sont tous des deltas.
Compter les moteurs
Le F1 a une seule grande tuyère à l’extrémité du fuselage et, sur les côtés, deux entrées d’air semi-circulaires avec demi-cône. Deux tuyères évoquent un autre type.
Regarder le nez et la verrière
Des fenêtres de caméra dans le nez plaident pour le F1CR, une longue double verrière pour le F1B. Une perche de ravitaillement fixe devant la verrière se voit sur beaucoup de versions plus tardives.
Au final, c’est le matricule qui confirme la version. Les F1 français portent sur la dérive un numéro de série et, sur le côté du fuselage, un code composé de chiffres et de lettres qui révèle l’escadre. Pour les appareils exploités par des civils aux États-Unis, l’immatriculation américaine aide ; l’origine figure dans des bases de données comme Scramble.
Conseil pratique au musée
À chaque F1, photographie aussi le numéro de série, le code d’escadre et le panneau d’information. Sur les appareils transformés comme le F1CT, le numéro conserve souvent l’histoire du F1C d’origine. Dans Planetrack, tu enregistres les deux directement avec ton observation.
Mirage F1, Mirage 2000 ou Draken ?
Dans les musées, les jets français se tiennent souvent côte à côte. Avec trois observations, tu arrives vite au résultat.
Identification rapide : avion de combat français
Dassault Mirage F1
L’aile en flèche et l’empennage horizontal sont la signature du F1. Vérifie maintenant le nez : fenêtres de caméra veut dire F1CR, double verrière veut dire F1B.
Dassault Mirage 2000
Un pur delta sans empennage horizontal et une tuyère : c’est le Mirage 2000, qui a longtemps volé en France aux côtés du F1.
Dassault Rafale
Un delta avec canards et deux moteurs évoque le Rafale, qui a définitivement remplacé le F1 en France.
Tu trouveras d’autres distinctions avec des jets de l’Est et de l’Ouest dans l’aperçu Reconnaître les avions de combat en Europe. Attention à l’homonymie : le Saab 35 Draken suédois, avec sa double aile delta, n’a rien à voir avec l’entreprise américaine Draken International, qui exploite d’anciens Mirage F1.
Le Mirage F1 en France
L’armée de l’Air française a reçu au total 246 Mirage F1 dans les versions F1C, F1B et F1CR, auxquels s’ajoutent les transformations en F1CT. Le F1C a d’abord assuré la défense aérienne, puis l’accent s’est déplacé vers la reconnaissance et l’attaque au sol lorsque le Mirage 2000 a repris le rôle de chasse.
Le F1 a été engagé entre autres au Tchad dans les années 1980, pendant la guerre du Golfe de 1990/91, en Afghanistan, au-dessus de la Libye en 2011 et, en dernier lieu, en 2013 au Mali. Les F1CR de reconnaissance en particulier ont été demandés jusqu’au bout, parce qu’ils fournissaient photos et données de capteurs dans des zones où les systèmes modernes manquaient encore.
L’adieu de 2014
Le point final a été mis par l’escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie ». Le 13 juin 2014, l’armée de l’Air a retiré du service ses derniers F1CR. Lors du défilé de la fête nationale le 14 juillet 2014, les jets se sont montrés une dernière fois en public. Les rôles du F1 ont aujourd’hui été repris par le Mirage 2000 et le Rafale.
Bases militaires en France
Qui veut photographier des avions de combat français sur des bases militaires doit connaître les règles : la France est stricte pour la photographie d’installations militaires. Tu en sauras plus dans les articles Photographier dans les aéroports français et Photographier une base aérienne militaire.
Export : de Madrid à Bagdad
Le F1 a été un succès à l’export. Dix États l’ont acheté neuf, plusieurs autres ont repris plus tard des appareils d’occasion.
| Pays | Statut | Remarque |
|---|---|---|
| Espagne | retiré | Premiers 15 F1C commandés en 1975, puis F1E et F1M modernisés ; retirés en 2013 |
| Grèce | retiré | Derniers 27 F1CG retirés du service le 30 juin 2003 |
| Équateur | retiré | F1JA jusqu’en 2011 |
| Afrique du Sud | retiré | 32 F1AZ et 16 F1CZ ; F1CZ jusqu’en 1992, F1AZ jusqu’en 1997 |
| Koweït | retiré | Remplacés après la guerre du Golfe par le F/A-18 Hornet |
| Qatar | retiré | F1EDA et F1DDA, 12 appareils sont allés à l’Espagne |
| Jordanie | retiré | Les anciens appareils sont allés à Draken International à partir de 2020 |
| Irak | retiré | 106 F1EQ et 15 F1BQ entre 1981 et 1989 |
| Maroc | actif | 27 appareils au standard modernisé avec nouveau radar et cockpit |
| Iran | actif | F1 ex-irakiens envoyés en Iran en 1991 ; fin 2021, 17 encore en service |
| Libye | largement hors service | Grande partie de la flotte clouée au sol, pertes dans les combats à partir de 2011 |
| Gabon, République du Congo | actif | Petits effectifs de seconde main, état fin 2021 |
Les chiffres du tableau reflètent les dernières données disponibles. Pour octobre 2026, la situation est la suivante : les effectifs en Afrique et au Moyen-Orient évoluent, en cas de doute, vérifie les informations récentes.
L’histoire a été particulièrement agitée en Irak. Les F1EQ ont mené pendant la guerre contre l’Iran des missions d’interception, d’attaque au sol et d’attaque d’objectifs navals, à partir de 1984 aussi avec des missiles Exocet. Pendant la guerre du Golfe de 1991, deux douzaines de F1 irakiens se sont réfugiés en Iran, où ils ont été internés – d’où viennent les F1 iraniens d’aujourd’hui.
Seconde carrière : adversaires d’entraînement civils
Pour les spotteurs, le chapitre le plus passionnant du F1 est le plus récent. L’armée américaine achète depuis des années des prestations d’entraînement à des entreprises privées : leurs pilotes jouent l’adversaire pendant les exercices, la Red Air. Des avions de combat d’occasion aux performances supersoniques sont idéaux pour cela, et les F1 retirés sont arrivés exactement au bon moment.
- ATAC (Airborne Tactical Advantage Company) : la filiale de Textron a acheté en 2017 au total 63 Mirage F1 ex-français des versions F1B, F1CR et F1CT. Une partie seulement est destinée à l’exploitation en vol, le reste sert de source de pièces détachées. ATAC fait voler les jets lors d’exercices avec les forces armées américaines, entre autres en Arizona.
- Draken International : l’entreprise de Lakeland, en Floride, a repris des F1M et F1B ex-espagnols et, à partir de 2020, des F1 ex-jordaniens. Draken travaille entre autres pour les unités adversaires autour de la Nellis Air Force Base dans le Nevada. En mai 2021, un F1 de Draken s’est écrasé près de Nellis, le pilote a perdu la vie.
- Paramount (Afrique du Sud) : l’entreprise a acquis en 2017 quatre F1B ex-français.
Chez ces entreprises, les jets portent souvent des livrées de camouflage ou de contraste, certains encore des restes des anciens marquages. Pour toi, cela veut dire : un Mirage F1 sur une base américaine peut très bien être un ancien F1CR français avec une nouvelle identité. Comment suivre en ligne les mouvements militaires et semi-militaires, le guide Suivre les avions militaires en ligne l’explique.
Ne rate aucun Mirage F1
Mets le Mirage F1 sur ta liste de souhaits et fais-toi prévenir par une alerte quand un appareil de ce type arrive dans un aéroport ou s’y pose. Planetrack arrive bientôt – accède à la liste d’attente.
Où voir le Mirage F1 en Europe
En vol, le F1 a pratiquement disparu d’Europe. En revanche, de nombreux exemplaires se trouvent en France dans des musées et sur d’anciens sites.
| Lieu | Ce que tu vois | Conseil |
|---|---|---|
| Musée de l’Air et de l’Espace, Le Bourget | Biplace F1B n° 501 et une maquette de F1C | À combiner idéalement avec le Rafale et le Mirage 2000 de la même collection |
| Musée européen de l’aviation de chasse, Montélimar | F1B, F1C et F1CT | Trois versions côte à côte, idéal pour la comparaison directe |
| Conservatoire de Châteaudun | Plusieurs F1C et F1CT | Collection d’anciens jets de l’armée de l’Air, vérifie l’accès à l’avance |
Le Musée de l’Air et de l’Espace est la destination la plus importante, d’autant que tu y croises aussi, directement à l’aéroport de Paris-Le Bourget, des jets d’affaires comme le Falcon 7X. Les expositions sont réaménagées et des avions sont prêtés ; avant une visite ciblée, vérifie si l’appareil est actuellement accessible.
Dans les anciens pays exploitants aussi, cela vaut la peine de regarder : l’Espagne et la Grèce ont fait voler le F1 pendant des décennies. Pour savoir si un F1 est actuellement exposé au Museo del Aire de Madrid-Cuatro Vientos ou au musée de l’armée de l’air grecque à Tatoi, le mieux est de te renseigner à l’avance auprès du musée.
Prêt pour ta tournée Mirage F1 ?
- J’ai vérifié les horaires d’ouverture et l’entrée du musée.
- Je sais si le F1 se trouve dans le hall ou en extérieur.
- Je sais distinguer F1C, F1B et F1CR au nez et à la verrière.
- Je photographie aussi le numéro de série, le code d’escadre et le panneau d’information.
- J’ai emporté un grand-angle pour l’appareil entier.
Conseils photo pour le Mirage F1
Le F1 est compact et effilé, son charme tient à son profil. Quelques astuces t’aident :
Profil de côté
Exactement de côté, tu montres l’aile en flèche haute et l’empennage horizontal séparé – l’image qui distingue le F1 de tous les autres Mirage.
Trois quarts avant
De biais par l’avant, l’entrée d’air avec demi-cône, le nez radar et la perche de ravitaillement entrent ensemble dans l’image.
Le nez en détail
Sur le F1CR, un gros plan des fenêtres de caméra vaut la peine, sur le F1B la longue double verrière. Tu documentes ainsi aussitôt la version.
Meeting aérien et base
Les F1 en vol sont rapides et petits. Un temps de pose court et un téléobjectif autour de 400 mm sont indispensables, plus de détails dans le guide Photographier les meetings aériens.
Les événements qui valent la peine pour les avions de combat, l’aperçu Les meetings aériens en Europe les présente. Comment identifier sûrement les types anciens en général, le guide Reconnaître les avions historiques le montre.
Confusions fréquentes et comment les écarter
Tout plaide pour le Mirage F1 si …
- une aile en flèche est placée haut sur le fuselage
- un empennage horizontal séparé est visible à l’arrière
- il n’y a qu’une seule tuyère
- des entrées d’air semi-circulaires avec demi-cône sont sur les côtés du fuselage
Regarde de plus près si …
- la verrière est remarquablement longue – alors c’est probablement le biplace F1B
- l’appareil porte un matricule américain – alors c’est probablement un adversaire d’entraînement civil d’ATAC ou de Draken
- tu ne vois que le fuselage et les ailes sont masquées
Ce n’est pas un Mirage F1 si …
- l’aile est un pur triangle sans empennage horizontal – alors c’est le Mirage 2000
- deux moteurs et des canards sont visibles – c’est le Rafale
- l’empennage horizontal est placé tout en haut de la dérive – alors c’est un Starfighter
- deux moteurs sous l’arrière et des extrémités d’aile relevées apparaissent – c’est le Phantom
- tu as devant toi un avion d’entraînement biréacteur à aile épaulée – alors pense à l’Alpha Jet
Conclusion
Le Mirage F1 est le Mirage qui n’a pas de delta : aile en flèche haute, empennage horizontal classique, un moteur Atar. La France l’a fait voler de 1973 au 13 juin 2014, auxquels s’ajoutent dix clients export. Aujourd’hui, tu le vis en Europe surtout au musée, en vol au Maroc et en Iran – et étonnamment souvent aux États-Unis, où ATAC et Draken utilisent d’anciens appareils français, espagnols et jordaniens comme adversaires d’entraînement.
En bref
Aile en flèche plus empennage horizontal plus une tuyère : voilà le Mirage F1. Le nez trahit la version, le matricule la confirme. Pour un F1 à l’arrêt, une visite au Bourget suffit, pour un F1 en vol, tu dois te rendre au Maroc ou sur une base américaine.
Résumé
- Le Mirage F1 a volé pour la première fois le 23 décembre 1966 et est entré en 1973 dans l’armée de l’Air française, où il a complété puis en partie remplacé le Mirage III comme intercepteur.
- Du chasseur monoplace F1C sont nés le biplace F1B, l’appareil de reconnaissance F1CR, le chasseur-bombardier F1CT et les versions export F1A et F1E.
- L’Espagne, la Grèce, l’Équateur, l’Afrique du Sud, le Koweït, le Qatar, la Jordanie, la Libye et l’Irak figuraient parmi les clients ; le Maroc fait voler des F1 modernisés aujourd’hui encore.
- Après le retrait en France (2014) et en Espagne (2013), beaucoup de cellules sont allées à des entreprises privées aux États-Unis et en Afrique du Sud, qui les utilisent pour l’entraînement au combat aérien.
Questions fréquentes
Quand la France a-t-elle retiré le Mirage F1 ?
L’armée de l’Air française a retiré du service les derniers Mirage F1 le 13 juin 2014. Le dernier à les faire voler fut l’escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie » avec le F1CR. Les appareils ont fait une dernière apparition publique lors du défilé du 14 juillet 2014.
Pourquoi le Mirage F1 n’a-t-il pas d’aile delta ?
Dassault voulait compenser les faiblesses du delta : de longues distances de décollage et d’atterrissage et une place limitée pour le carburant. L’aile en flèche haute avec becs et volets à double fente a réduit, selon le constructeur, la longueur de piste nécessaire de plus de moitié et apporté nettement plus d’autonomie. Avec le Mirage 2000, Dassault est ensuite revenu au delta.
Que sont les Mirage F1 « civils » ?
Des entreprises privées aux États-Unis proposent à l’armée des adversaires d’entraînement, appelés Adversary Air ou Red Air. ATAC, une filiale de Textron, a acheté en 2017 au total 63 F1B, F1CR et F1CT ex-français. Draken International a repris des F1M et F1B ex-espagnols ainsi que, à partir de 2020, des appareils ex-jordaniens. Les jets appartiennent ainsi à des entreprises et non à des armées de l’air.
Où puis-je voir un Mirage F1 en vol ?
Le plus probablement aux États-Unis, où ATAC et Draken utilisent leurs jets lors d’exercices sur des bases militaires américaines, par ex. autour de la Nellis Air Force Base dans le Nevada ou en Arizona. Par ailleurs, le F1 vole encore, d’après les dernières données disponibles, au Maroc et en Iran. En Europe, tu ne le croises aujourd’hui presque qu’au musée.
Quelle est la différence entre F1C, F1CR et F1CT ?
Le F1C est l’intercepteur d’origine. Le F1CR est un appareil de reconnaissance dont un canon a cédé la place à un scanner infrarouge ; s’y ajoutent des caméras dans le nez et des nacelles de reconnaissance. Le F1CT est un F1C transformé en chasseur-bombardier avec une électronique au niveau du F1CR ; 55 appareils ont été transformés jusqu’au milieu des années 1990.
Quel est le code type OACI du Mirage F1 ?
Dans le répertoire OACI, le Mirage F1 figure sous MRF1. Les F1 militaires volent le plus souvent sans plan de vol civil ; chez les adversaires d’entraînement exploités par des privés aux États-Unis, le code apparaît plutôt.
Combien de Mirage F1 ont été construits ?
Selon les sources, environ 720 à 730, le chiffre de 726 appareils étant souvent cité. La France en a reçu 246, l’Irak fut le plus gros client export avec plus de 100 F1EQ et F1BQ.
Dassault Mirage F1 : à collectionner, pas seulement à voir
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