L’essentiel en bref
- Une horloge commune pour tous : le A-CDM relie l’aéroport, la compagnie, l’assistant en escale, le contrôle aérien et le Network Manager européen par des horodatages partagés, au lieu que chacun planifie avec ses propres estimations.
- La lettre du début indique la fiabilité : S signifie prévu (Scheduled), E estimé (Estimated), T heure cible (Target) et A heure réellement mesurée (Actual).
- La TOBT vient de l’assistance en escale : la Target Off-Block Time est le moment où l’avion, portes fermées et passerelle retirée, est prêt pour le pushback ou la mise en route des moteurs.
- La TSAT vient du système : la Target Start-up Approval Time est calculée par la gestion des départs à partir de toutes les TOBT, de la capacité des pistes, des temps de roulage et des slots ATC – elle indique à l’équipage quand attendre l’autorisation.
- La TTOT est la prévision du décollage : la Target Take-Off Time se déduit, en simplifiant, de la TOBT ou de la TSAT plus le temps de roulage, et elle est transmise à Eurocontrol.
Sommaire
- 1.Le A-CDM en une phrase
- 2.La logique derrière les sigles
- 3.TOBT : l’engagement de l’assistance en escale
- 4.TSAT : quand l’autorisation arrive
- 5.TTOT et CTOT : le regard au-delà de l’aéroport
- 6.Les 16 jalons d’un départ
- 7.Les six briques du concept
- 8.Dégivrage : quand l’hiver change le calcul
- 9.Ce que le A-CDM signifie pour toi au grillage
- 10.Où le A-CDM est utilisé
- 11.À quoi faire attention
- 12.Conclusion
L’Airbus est à son poste depuis plusieurs minutes, portes fermées, la passerelle a disparu, le tracteur est attelé – et il ne se passe rien. Puis, à la minute près, l’autorisation tombe et le jet recule. Ce qui ressemble au grillage à un hasard obéit, dans beaucoup de grands aéroports, à un calendrier précis fait de sigles : le A-CDM. Ce guide traduit TOBT, TSAT, TTOT et leurs cousines, te montre les 16 jalons d’un départ et t’explique ce que tu peux en tirer en tant que spotteur.
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Le A-CDM en une phrase
Airport Collaborative Decision Making signifie que tous ceux qui participent à un départ travaillent avec les mêmes heures : exploitant de l’aéroport, compagnie, assistant en escale, contrôle aérien et Network Manager d’Eurocontrol. Autrefois, chaque partenaire planifiait avec ses propres hypothèses – le contrôle aérien avec le plan de vol, l’assistance avec son avancement à la porte, la planification du réseau avec des valeurs moyennes. Le A-CDM rassemble ces informations et en fait des heures cibles sur lesquelles tout le monde s’aligne.
En Europe, le concept est porté conjointement par Eurocontrol, l’association des aéroports ACI Europe, l’association des compagnies IATA et l’association du contrôle aérien CANSO. Eurocontrol cite comme objectifs une gestion au sol plus efficace et plus robuste, en particulier pour le turnaround et la préparation du départ, ainsi que des heures de décollage plus précises pour la planification dans l’espace aérien européen.
La logique derrière les sigles
Avant de te lancer dans les horodatages un par un, un coup d’œil à leur construction s’impose. Presque tous les sigles A-CDM se composent de quatre lettres, et la première t’indique la fiabilité de l’heure :
- S – Scheduled : l’heure prévue d’après le plan de vol de la compagnie, par exemple la SOBT (Scheduled Off-Block Time), qui correspond au slot aéroportuaire.
- E – Estimated : une estimation qui peut évoluer en permanence, par exemple l’ELDT (Estimated Landing Time) d’un vol à l’arrivée.
- T – Target : une heure cible sur laquelle les partenaires se mettent d’accord et à laquelle ils alignent leurs opérations.
- A – Actual : l’instant réellement mesuré, par exemple l’AOBT (Actual Off-Block Time) lorsque l’avion est effectivement repoussé.
Le reste du sigle décrit l’événement : OBT est Off-Block (quitter le poste de stationnement), IBT In-Block (arriver au poste), LDT Landing (atterrissage), TOT Take-Off (décollage). Une fois que tu as intégré cela, tu peux le plus souvent déchiffrer toi-même les sigles inconnus.
| Sigle | Développé | Ce qu’il recouvre | Qui le fournit |
|---|---|---|---|
| SOBT | Scheduled Off-Block Time | heure de départ prévue au poste, conforme au slot aéroportuaire | Compagnie / plan de vol |
| EOBT | Estimated Off-Block Time | heure de départ selon le plan de vol ATC | Compagnie |
| ELDT | Estimated Landing Time | heure d’atterrissage attendue du vol à l’arrivée | Network Manager, données radar locales |
| EIBT | Estimated In-Block Time | arrivée attendue au poste de stationnement | Système A-CDM (atterrissage plus temps de roulage) |
| TOBT | Target Off-Block Time | heure à laquelle l’avion est prêt au départ | Compagnie ou assistant en escale |
| TSAT | Target Start-up Approval Time | autorisation attendue de mise en route / pushback | Gestion des départs (DMAN) |
| TTOT | Target Take-Off Time | heure cible de décollage | Système A-CDM / DMAN |
| CTOT | Calculated Take-Off Time | slot ATC en cas de saturation de l’espace aérien | Network Manager |
| EXOT / EXIT | Estimated Taxi-Out / Taxi-In Time | temps de roulage estimé vers la piste ou vers le poste | Système A-CDM |
| ASRT / ASAT | Actual Start-up Request / Approval Time | demande et délivrance de l’autorisation de mise en route | Contrôle aérien |
| AOBT / ATOT | Actual Off-Block / Take-Off Time | pushback et décollage effectifs | Contrôle aérien, capteurs |
TOBT : l’engagement de l’assistance en escale
La Target Off-Block Time est le cœur du A-CDM. Elle décrit le moment où l’avion est prêt à partir à son poste : toutes les portes fermées, passerelle retirée, tracteur de pushback prêt. Elle est tenue à jour par la compagnie ou l’assistant en escale mandaté, car seuls eux savent où en sont le catering, l’avitaillement, les bagages et l’embarquement. Le guide sur le turnaround d’un avion montre combien de corps de métier s’y imbriquent.
Tant que personne n’a saisi de TOBT à la main, le système A-CDM calcule lui-même : l’arrivée attendue au poste plus le temps d’escale minimal (MTTT, Minimum Turn-round Time) donne une TOBT automatique. Si elle tombe avant l’heure de départ prévue au plan de vol, elle est fixée sur cette EOBT – partir plus tôt que prévu ne compte pas comme objectif. Dès que l’assistant saisit sa propre valeur, celle-ci remplace l’automatisme.
Comme tout l’ordre de départ dépend de la TOBT, des règles strictes s’appliquent dans les aéroports A-CDM. L’aéroport de Zurich les décrit par exemple ainsi dans ses informations d’exploitation :
- Les modifications ne sont autorisées que par pas d’au moins cinq minutes.
- La dernière correction doit intervenir au plus tard cinq minutes avant la TOBT en vigueur.
- L’équipage doit annoncer qu’il est prêt auprès du poste de délivrance des autorisations (Clearance Delivery) dans les cinq minutes avant ou après la TOBT.
- Celui qui n’est pas prêt dans la fenêtre n’est plus traité tant qu’une nouvelle TOBT n’a pas été saisie.
Les tolérances exactes peuvent varier d’un aéroport à l’autre. Le principe reste le même : une TOBT trop optimiste ne coûte pas seulement du temps à son propre vol, elle bouscule l’ordre de tous les autres.
TOBT et EOBT doivent concorder
La TOBT vit dans le système de l’aéroport, l’EOBT dans le plan de vol ATC chez le Network Manager. Si les deux s’écartent de 15 minutes ou plus, le système A-CDM envoie une alerte à la compagnie ou à l’assistant. Les compagnies peuvent utiliser un service d’Eurocontrol qui, dans ce cas, ajuste automatiquement l’EOBT sur la TOBT.
TSAT : quand l’autorisation arrive
La Target Start-up Approval Time est la réponse du système à l’ensemble des TOBT. Un système de gestion des départs, DMAN en abrégé (Departure Manager), classe les vols prêts de façon que la piste soit utilisée le plus régulièrement possible et que personne n’ait à s’entasser au point d’arrêt. Selon l’aéroport de Zurich, le calcul prend notamment en compte :
- la TOBT du vol,
- la capacité disponible de la piste et la piste de décollage attribuée,
- des temps de roulage variables selon le poste et la piste,
- le type d’avion, la catégorie de turbulence de sillage et la route de départ,
- un éventuel dégivrage nécessaire,
- les slots ATC (CTOT) et les espacements de départ particuliers.
D’après la spécification d’Eurocontrol, la TSAT est émise entre 40 et 30 minutes avant la TOBT. À partir de là, c’est l’heure de référence pour l’équipage. À Zurich, une fenêtre de plus ou moins cinq minutes s’applique là aussi, et le tracteur doit être attelé et prêt cinq minutes avant la TSAT pour que le pushback puisse commencer dès l’autorisation.
C’est précisément pour cela que tu vois si souvent au grillage des avions prêts qui attendent quand même : leur TOBT est atteinte, mais pas encore leur TSAT. Plutôt que de rester en file devant la piste, moteurs tournants, l’avion attend à son poste. Cela économise du carburant, du bruit et des émissions sur l’aire de trafic.
TTOT et CTOT : le regard au-delà de l’aéroport
La Target Take-Off Time est l’heure à laquelle l’avion devrait décoller. La spécification d’Eurocontrol la décrit, pour l’essentiel, comme une simple addition : heure de disponibilité plus temps de roulage estimé, donc TOBT plus EXOT. Si aucune TOBT n’existe encore, on calcule avec l’arrivée attendue plus le temps d’escale minimal ; pour les avions sans vol d’apport (par exemple en sortie de maintenance), avec l’EOBT. S’il faut dégivrer, le temps de dégivrage s’y ajoute.
Cette TTOT est le cadeau le plus important de l’aéroport au réseau européen. Elle part dans des messages appelés DPI (Departure Planning Information) vers le Network Manager :
| Message | Quand il est envoyé approximativement | Ce qu’il communique |
|---|---|---|
| E-DPI | à partir d’environ trois heures avant l’EOBT | premières données de départ, le vol est connu du système A-CDM |
| T-DPI-t | à partir de deux heures avant l’EOBT et lors de changements pertinents | heure cible de décollage sur la base de la TOBT |
| T-DPI-s | après l’émission de la TSAT | heure cible de décollage issue de l’ordre de départ |
| A-DPI | lors de l’off-block effectif | le vol est en route, l’heure de décollage est connue très précisément |
| C-DPI | en cas d’annulation, par exemple TOBT supprimée | les indications précédentes ne sont plus valables |
Le Network Manager utilise ces données pour planifier l’espace aérien. Si un secteur ou un aéroport de destination est saturé, il attribue une CTOT – un slot ATC, c’est-à-dire une fenêtre de décollage étroite. D’après les informations d’exploitation de Zurich, la tolérance standard est de cinq minutes avant à dix minutes après. La CTOT entre à son tour dans la TSAT. Ce qui se cache derrière les slots aéroportuaires et ATC, l’article Les slots dans les aéroports l’explique.
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Les 16 jalons d’un départ
Le A-CDM suit chaque vol le long d’une chaîne fixe d’événements. Chaque jalon déclenche de nouveaux calculs et peut émettre des avertissements quand quelque chose ne colle pas. La liste provient du manuel de mise en œuvre d’Eurocontrol :
1–2 : plan de vol actif, EOBT moins deux heures
Environ trois heures avant l’EOBT, le plan de vol ATC est activé et le vol créé dans le système A-CDM. Deux heures avant l’EOBT, le système vérifie si l’arrivée plus le temps d’escale minimal est compatible avec le plan de vol. À partir de là, une CTOT peut être attribuée en cas de saturation.
3–6 : l’avion d’apport arrive
Décollage au départ, détection par le radar local, finale et atterrissage : à chaque étape, l’arrivée attendue devient plus précise, et la TOBT automatique du vol suivant évolue en conséquence.
7–8 : in-block et début de l’assistance
Une fois l’avion à son poste, c’est l’arrivée effective plus le temps d’escale minimal qui compte. Peu après commence l’assistance au sol.
9–10 : confirmer la TOBT, émettre la TSAT
L’assistant confirme ou corrige la TOBT. Entre 40 et 30 minutes avant la TOBT, la gestion des départs calcule la TSAT.
11–12 : embarquement et disponibilité
L’embarquement commence et, à la fin, l’équipage annonce l’avion prêt. Si aucune annonce de disponibilité n’arrive dans les cinq minutes suivant la TOBT, le service compétent est alerté.
13–14 : mise en route demandée et autorisée
L’équipage demande l’autorisation de mise en route ou de pushback (ASRT), le contrôle aérien la délivre (ASAT). Si la demande ne vient pas dans les cinq minutes après la TSAT, il y a également une alerte.
15–16 : off-block et décollage
Avec le pushback (AOBT), un message A-DPI part vers le Network Manager. Le décollage (ATOT) referme la chaîne.
Tous les aéroports ne saisissent pas tous les jalons de la même façon, et certains – par exemple l’instant de la détection radar locale ou le début de l’embarquement – sont fixés localement. L’ordre peut aussi se décaler : pour un avion d’apport long-courrier déjà parti avant la limite des deux heures, le jalon 3 précède le jalon 2.
Les six briques du concept
Les horodatages ne sont qu’une partie du A-CDM. Le manuel d’Eurocontrol répartit la procédure en six éléments qui s’appuient les uns sur les autres :
- Partage d’informations : plateforme de données commune pour tous les partenaires.
- Approche par jalons : la chaîne d’événements décrite plus haut pour chaque vol.
- Temps de roulage variables : des temps de roulage réalistes selon le poste et la piste plutôt qu’une valeur forfaitaire.
- Pre-Departure Sequencing : l’ordre de départ dont découle la TSAT.
- Gestion en conditions défavorables : procédures pour la neige, les orages ou une capacité réduite.
- Gestion collaborative des mises à jour de vol : l’échange de données avec le Network Manager par messages DPI.
Pour les petits aéroports, il existe une variante plus légère, l’Advanced ATC Tower, qui ne partage avec le réseau qu’une partie des données A-CDM.
Dégivrage : quand l’hiver change le calcul
En hiver, le A-CDM devient particulièrement intéressant. Si un avion doit être dégivré, le système intègre des temps supplémentaires : quand le dégivrage doit commencer, combien de temps il dure et quand il est terminé. En cas de dégivrage au poste de stationnement, l’heure de décollage se décale en conséquence ; en cas de dégivrage sur une aire séparée, le système peut réordonner les vols et émettre de nouvelles TSAT s’il faut dégivrer plus d’avions que l’installation ne peut en traiter. Important pour la compréhension : à Zurich, l’équipage doit annoncer qu’il est prêt dans la fenêtre de la TOBT même si le dégivrage a encore lieu au poste – le temps de dégivrage est déjà inclus dans la TSAT. Tu en apprendras plus sur les liquides, les temps d’attente et les procédures dans l’article Le dégivrage des avions.
Ce que le A-CDM signifie pour toi au grillage
Pour les spotteurs, le A-CDM n’est pas une fin en soi, mais une clé pour comprendre ce que tu vois et entends.
- Des avions qui attendent à la porte : portes fermées, passerelle retirée, mais pas de pushback – le plus souvent, la TSAT n’est pas encore atteinte. Ce n’est pas une panne, c’est voulu.
- Des files plus courtes au point d’arrêt : comme l’ordre de départ se forme dès la porte, les embouteillages devant la piste sont plus rares dans les aéroports A-CDM. Pour toi, cela veut dire : les photos de roulage arrivent à un rythme plus régulier.
- La radio devient plus compréhensible : si tu écoutes la fréquence Delivery ou la fréquence de l’aire de trafic, là où la loi l’autorise, tu entends les annonces de disponibilité et les autorisations dans l’ordre de la gestion des départs. Les fréquences existantes, le guide Comprendre les fréquences radio aéronautiques les explique, et le cadre juridique se trouve dans Écouter la radio aéronautique.
- Apprendre à lire les retards : un vol en retard à la porte peut dépendre d’une TOBT tardive (assistance pas terminée) ou d’une TSAT ou CTOT tardive (piste ou espace aérien saturés). L’article Pourquoi les vols sont en retard classe les causes les plus fréquentes.
- Bien interpréter les données en direct : sur les sites de suivi des vols, un vol n’apparaît souvent qu’avec le pushback. Celui qui sait que l’ordre de départ est fixé une demi-heure plus tôt interprète mieux la situation du trafic sur la carte. Le guide Suivre les vols avec l’ADS-B pour les spotteurs donne le contexte.
Dans certains aéroports, la TOBT et la TSAT sont en plus affichées sur le système d’accostage au poste de stationnement. À Zurich, par exemple, la TOBT y apparaît 30 minutes avant l’heure d’off-block prévue, et à partir de cinq minutes avant la TOBT, l’affichage alterne entre TOBT, TSAT et TTOT. C’est prévu pour l’équipage – depuis le spot, c’est le plus souvent trop loin pour lire. Mais celui qui attend les décollages depuis le Butzenbüel à Zurich en profite quand même : la cadence des départs y est le résultat de cette planification précisément.
Où le A-CDM est utilisé
Selon Eurocontrol, le A-CDM est entièrement déployé dans 35 aéroports européens. En Allemagne, il s’agit notamment de l’aéroport de Francfort, de l’aéroport de Munich, de Düsseldorf, de Hambourg, de Stuttgart et de Berlin Brandenburg. À l’étranger, de grands hubs comme Amsterdam-Schiphol, Bruxelles, Londres-Heathrow, Paris-Charles-de-Gaulle ainsi que Zurich et Genève en font partie. En Asie, en Australie et en Nouvelle-Zélande aussi, des aéroports travaillent selon ce concept.
Que ton aéroport habituel en fasse partie ou non n’est pas décisif pour le spotting lui-même. Mais cela aide à situer le comportement sur l’aire de trafic. À la plateforme d’observation de Zeppelinheim ou à la butte d’observation de l’aéroport de Munich, tu vois chaque jour le résultat du A-CDM : des décollages en succession dense et régulière, sans longues files au seuil de piste. Combien de mouvements une piste peut absorber, l’article sur la capacité d’un aéroport l’explique.
À quoi faire attention
- Les règles locales diffèrent. Fenêtres de tolérance, heures d’affichage et procédures sont fixées par aéroport. Les valeurs de Zurich dans cet article sont un exemple, pas une norme européenne.
- La TOBT n’est pas l’heure de départ de ton billet. L’heure sur ta carte d’embarquement est l’heure prévue. TOBT et TSAT sont des heures d’exploitation internes.
- La TSAT n’est pas une heure de décollage. Elle marque l’autorisation attendue de mise en route ou de pushback. Jusqu’au décollage, il faut encore ajouter le temps de roulage et, le cas échéant, le dégivrage.
- La CTOT est une contrainte ferme. Un slot ATC s’applique à l’échelle européenne et ne peut pas être simplement déplacé par l’aéroport. Il vient du Network Manager, pas du contrôle aérien local comme la DFS.
- Tous les aéroports n’utilisent pas le A-CDM. Les plus petites plateformes travaillent souvent sans lui ou avec la variante allégée Advanced Tower.
Les sigles A-CDM, c’est acquis ?
- Je sais ce que signifient S, E, T et A au début des sigles.
- Je peux expliquer qui fixe la TOBT et ce que « prêt » veut dire ici.
- Je sais que la TSAT vient de la gestion des départs et marque l’autorisation attendue.
- Je connais la différence entre TTOT et CTOT.
- Je sais pourquoi un avion prêt attend parfois à la porte.
- Je peux situer grossièrement comment le dégivrage décale les heures de décollage.
Noter chaque départ
Publie tes observations avec photo, type d’avion, immatriculation, compagnie et spot, rassemble-les dans ton hangar et échange avec la communauté. Planetrack arrive bientôt – inscris-toi sur la liste d’attente et profite d’un accès anticipé.
Conclusion
Le A-CDM transforme de nombreuses estimations isolées en une chronologie commune. L’assistance dit avec la TOBT quand l’avion est prêt, la gestion des départs répond avec la TSAT quand il peut partir, et la TTOT annonce au réseau européen quand l’avion sera en l’air. Seize jalons tiennent cette chaîne, du plan de vol activé jusqu’au décollage. Celui qui connaît les sigles voit au grillage plus que des avions qui attendent et qui roulent – il reconnaît la planification qui se cache derrière.
En bref
TOBT veut dire « nous sommes prêts », TSAT veut dire « tu peux y aller », TTOT veut dire « il décolle à peu près à cette heure ». Tout le reste n’est que variantes de ces trois heures, reconnaissables à la première lettre : S prévu, E estimé, T cible, A réel.
Résumé
- Le A-CDM est une procédure portée par ACI Europe, Eurocontrol, l’IATA et CANSO, qui articule l’assistance au sol et la planification des départs grâce à des données partagées.
- Le déroulement de chaque vol est découpé en 16 jalons – de l’activation du plan de vol jusqu’au décollage.
- À partir de la TOBT, du temps de roulage, de la capacité des pistes et d’éventuels slots ATC, on obtient l’ordre de départ sur l’aire de trafic, qui se reflète dans la TSAT de chaque vol.
- Pour les spotteurs, le A-CDM explique pourquoi des avions attendent portes fermées à la porte d’embarquement, pourquoi il y a moins de file au point d’arrêt et pourquoi les heures de pushback sont étonnamment prévisibles dans les grands aéroports.
Questions fréquentes
Que signifie A-CDM ?
A-CDM signifie Airport Collaborative Decision Making. Il s’agit d’une procédure dans laquelle l’exploitant de l’aéroport, les compagnies, les assistants en escale, le contrôle aérien et le Network Manager européen partagent en temps réel leurs données sur chaque départ. L’objectif est une meilleure utilisation des pistes, des postes de stationnement et du personnel, ainsi que des heures de décollage plus fiables pour le réseau européen.
Qu’est-ce que la TOBT ?
La Target Off-Block Time est l’heure à laquelle un avion est prêt, selon la compagnie ou l’assistant, pour le pushback ou la mise en route : toutes les portes fermées, passerelle retirée, tracteur prêt. La TOBT est tenue à jour par la compagnie ou son agent d’assistance et sert de base à tous les calculs suivants.
Qu’est-ce que la TSAT ?
La Target Start-up Approval Time est l’heure à laquelle un équipage peut compter sur l’autorisation de mise en route ou de pushback. Elle est calculée à partir de la TOBT par le système de gestion des départs (DMAN) et tient compte notamment de la capacité des pistes, des temps de roulage, des espacements dus aux turbulences de sillage, du dégivrage et des slots ATC. D’après la spécification d’Eurocontrol, elle est émise entre 40 et 30 minutes avant la TOBT.
Quelle différence entre EOBT et TOBT ?
L’EOBT (Estimated Off-Block Time) figure dans le plan de vol ATC et est déposée par la compagnie. La TOBT est l’heure de disponibilité mise à jour en continu par l’assistance en escale. Les deux doivent concorder : si elles s’écartent de 15 minutes ou plus, le système A-CDM déclenche une alerte pour que l’une des deux heures soit ajustée.
Quel lien entre TTOT et CTOT ?
La TTOT est l’heure cible de décollage calculée par l’aéroport, en simplifiant la TOBT ou la TSAT plus le temps de roulage estimé. La CTOT (Calculated Take-Off Time) est un slot ATC que le Network Manager attribue en cas de saturation de l’espace aérien. La TTOT entre dans le calcul de la CTOT, et une CTOT existante est à son tour prise en compte dans le calcul de la TSAT.
Quels aéroports utilisent le A-CDM ?
Selon Eurocontrol, le A-CDM est entièrement déployé dans 35 aéroports européens. En Allemagne, on y trouve notamment Francfort, Munich, Düsseldorf, Hambourg, Stuttgart et Berlin Brandenburg, en Suisse Zurich et Genève. En dehors de l’Europe aussi, par exemple en Asie et en Australie, il existe des aéroports A-CDM.
Puis-je voir la TOBT et la TSAT en tant que spotteur ?
Les heures sont surtout affichées dans les systèmes des partenaires d’exploitation. Dans certains aéroports, comme Zurich, la TOBT et la TSAT apparaissent en plus sur le système d’accostage au poste de stationnement – prévu pour l’équipage, pas pour les spectateurs. Ce qu’on peut entendre publiquement, ce sont les conséquences à la radio : les autorisations de mise en route et de pushback arrivent dans l’ordre fixé par la gestion des départs.
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